Sounnah Time

Les règles relatives à la prière et aux mosquées en période d'épidémie


Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

 

En période d'épidémie, à la base, les prières doivent être accomplies comme elles sont accomplies habituellement. Ainsi nous n'allons mentionner par la suite qu'une partie des points de jurisprudence qui divergent des périodes habituelles. Par contre, il est très important que le musulman, même s'il ne prie plus à la mosquée, continue d'être assidu aux prières surérogatoires - rawatib - et à la lecture du Coran comme il le faisait habituellement à la mosquée.

 

Règle n°1 : Il est permis aux hommes de délaisser la prière en groupe à la mosquée et la prière du vendredi en cas d'épidémie :

Il est mentionné dans les textes authentiques que la pluie, la boue, le froid ... sont des excuses qui permettent aux hommes de ne pas se rendre dans les mosquées pour y accomplir les prières en commun et la prière du vendredi à cause de la gêne que leur causent ces choses. Or la gêne causée par la présence de l'épidémie est bien plus grande que la gêne causée par la pluie, le froid ou la boue.
Ainsi par analogie, nous pouvons déduire qu'en période d'épidémie, les prières en commun dans les mosquées et la prière du vendredi ne sont pas obligatoires aux hommes.

D'après Muhammad Ibn Sirin : Dans un jour de pluie, 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit à son mouadhin (1): « Lorsque tu dis - Ach hadou Anna Muhammadan Rassoulou Lah - alors ne dis pas - Haya 'Ala Salat - (2) mais dis - Sallou Fi Bouyoutikoum - (3) ». C'est comme si les gens avaient réprouvé cela alors il a dit: « Celui qui était meilleur que moi a fait cela (4). Certes le joumou'a est une obligation mais j'ai certes détesté le fait de vous faire sortir de vos maisons pour vous faire marcher dans la boue et la gadoue glissante ». Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°901 et Mouslim dans son Sahih n°699

(1) C'est à dire la personne qui fait l'appel à la prière.
(2) C'est à dire qu'il a demandé à celui qui faisait l'appel à la prière de remplacer la phrase - Haya 'Ala Salat - par - Sallou Fi Bouyoutikom -.
(3) Ceci signifie : Priez dans vos maisons.
(4) C'est à dire le Prophète ﷺ.

 

عن محمد بن سيرين قال عبدالله بن عباس رضي الله عنهما لِمُؤَذِّنِه في يَومٍ مَطيرٍ : إذا قلتَ : أشْهدُ أنْ محمدًا رسولُ اللهِ فَلا تَقُلْ حَيِّ علَى الصلاَةِ قُلْ صَلُّوا في بُيُوتِكُم
فكأنَّ النّاسَ اسْتَنْكَرُوا
قال : فَعَلَهُ مَن هو خيْرٌ مِنِّي إنَّ الجُمُعَةَ عَزْمَةٌ وإنِّي كَرِهْتُ أنْ أُحْرِجَكُم فتَمْشونَ في الطِّينِ والدَّحَضِ
رواه البخاري في صحيحه رقم ٩٠١ و مسلم في صحيحه رقم ٦٩٩

 

D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père) : Lors des nuits froides ou pluvieuses, le Prophète ﷺ ordonnait au mouadhin (1) de dire : - La prière se fait dans les demeures - (2). Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°1060 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud

(1) C'est à dire la personne qui fait l'appel à la prière.
(2) C'est à dire qu'il lui demandait de remplacer la phrase - Haya 'Ala Salat / Venez à la prière - par - As Salat Fi Rihal / La prière se fait dans les demeures.

عن عبدالله بن عمر رضي الله عنهما أنَّ رسولَ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عليهِ وسلَّمَ كانَ إذا كانَت ليلَةٌ بارِدةٌ أو مَطيرةٌ أمرَ المُناديَ فَنادى : الصَّلاةُ في الرِّحالِ
رواه أبو داود في سننه رقم ١٠٦٠ و صححه الشيخ الألباني في تحقيق سنن أبي داود

 

Cheikh Souleyman ar Ruhayli a dit : « Si le coronavirus est présent dans une région ou que l'état a interdit les rassemblements, il est alors permis d'annuler la prière du vendredi et les prières en groupe dans les mosquées et ainsi il est permis aux gens de prier dans leurs demeures où ils prieront en groupe avec les gens de la maison. En effet, la présence du coronavirus cause plus de gêne que la pluie et la boue qui sont des excuses pour délaisser la prière du vendredi et les prières en groupe. Et la personne qui est touchée par la maladie ou qui serait peut-être touchée par la maladie, il lui est interdit d'assister à la prière du vendredi et aux prières en groupe à la mosquée ».
Tweet du 13/03/20.
 

Règle n°2 : La prière en groupe à la maison est obligatoire pour les hommes qui sont dans la même demeure :

Cheikh Souleyman ar Ruhayli a dit : « L'homme qui est dans sa maison et a avec lui quelqu'un avec qui ils peuvent tous les deux prier en groupe, il lui est obligatoire de prier en groupe dans sa maison. Et celui qui n'a personne auprès de lui, alors il prie seul. Et en ce qui concerne la femme, la prière en commun n'est pas obligatoire pour elle et ainsi il n'est pas obligatoire à l'homme d'ordonner à son épouse de prier avec lui ». Audio à 2"20

 

Règle n°3 : Il est recommandé à un homme qui prie dans sa demeure et n'a pas d'autre homme avec lui de prier en groupe avec son épouse et ses enfants :

D'après Abou Bakra (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ est venu pour la prière alors qu'il se trouvait à la sortie de Médine mais il a trouvé que les gens avaient déjà prié. Il est donc allé dans sa demeure, a regroupé sa famille et a prié comme imam pour eux. Rapporté par Tabarani dans Al Mou'jam Al Awsat n°4601 et authentifié par Cheikh Albani dans Tamam Al Mina p 155

Ce hadith montre qu'il est recommandé à la personne qui ne peut pas prier en groupe à la mosquée de prier en groupe avec les membres de sa famille.

عن أبي بكرة رضي الله عنه أنّ رسول الله صلّى الله عليه وسلّم أقبل من نواحي المدينة يريد الصّلاة فوجد النّاس قد صلّوا فمال إلى منزله فجمع أهله فصلّى بهم
رواه الطبراني في المعجم الأوسط رقم ٤٦٠١ وحسنه الشيخ الألباني في تمام المنة ص ١٥٥

 

Règle n°6 : La personne qui ne prie pas la prière du vendredi à la mosquée devra prier à sa place la prière du dohr en accomplissant quatre unités de prière :

L'imam San'ani (mort en 1182H) a dit: « Il y a un consensus sur le fait que si la personne a manqué la prière du vendredi alors le dohr est obligatoire car la prière du vendredi est la prière qui vient remplacer le dohr ». Souboul Salam vol 3 p 180

 

Règle n°7 : La personne qui ne va pas au joumou'a n'a pas à faire le ghousl durant la journée du vendredi :

La majorité des savants sont d'avis que le ghousl du joumou'a est pour la prière du joumou'a et non pour la journée du vendredi. Ainsi celui qui ne va pas au joumou'a n'a pas à faire le ghousl. Tawdih Al Ahkam Min Boulough Al Maram vol 1 p 382/383

D'après 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père), le Prophète ﷺ  a dit: « Celui qui vient au joumou'a, qu'il fasse le ghousl (*) ». Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°919 et Mouslim dans son Sahih n°844

(*) L'imam Siddiq Hassan Khan (mort en 1307H) a dit : « Il est apparent que le fait de restreindre le ghousl pour la personne qui va au joumou'a montre que le ghousl est pour la prière du joumou'a et pas pour le jour du vendredi ». Ar Rawdatou Nadiya vol 1 p 194

عن عبدالله بن عمر رضي الله عنهما قال النّبي صلّى الله عليه و سلّم : مَن جَاءَ إلى الجُمُعَةِ فَلْيَغْتَسِلْ
رواه البخاري في صحيحه رقم ٩١٩ و مسلم في صحيحه رقم ٨٤٤

 

D'après Nafi', 'Abdallah Ibn 'Omar (qu'Allah les agrée lui et son père) a dit : « Le ghousl n'est que pour les gens pour qui le joumou'a est obligatoire ». Rapporté par Al Bayhaqi dans As Sounan Al Koubra n°5598 et authentifié par l'imam Ibn Hajar dans Fath Al Bari 2/444 ainsi que par Cheikh Albani dans Moukhtasar Sahih Al Boukhari n°171

عن نافع قال عبدالله بن عمر رضي الله عنهما : إنّما الغسل على من تجب عليه الجمعة
رواه البيهقي في السنن الكبرى رقم ٥٥٩٨ و صححه الحافظ ابن حجر في فتح الباري ٤٤٤/٢ و صححه أيضاً الشيخ الألباني دي مختصر صحيح البخاري رقم ١٧١

 

Règle n°8 : Le qounout des nawazils n'est pas légiféré en cas d'épidémie :

Le qounout pour les nawazils est une invocation que l'on fait dans les cinq prières obligatoires après l'inclinaison de la dernière unité de prière lorsque les musulmans sont touchés par un malheur. Et cela se poursuit jusqu'à ce qu'Allah lève ce malheur. Tashih Dou'a de Cheikh Bakr Abou Zayd p 460

Le qounout pour les nawazils n'est pas légiféré dans le cas d'une épidémie : L'imam Ibn Mouflih (mort en 763H) a dit : « L'avis le plus juste est que l'on ne fait pas le qounout pour qu'une épidémie soit levée car il n'a pas été rapporté que les compagnons du Prophète (qu'Allah les agrée tous) ont fait le qounout lors du ta'oun de 'Imwas (*) ». Al Fourou' vol 2 p 367

(*) C'est le nom d'une ville d'où a débuté une épidémie de peste durant le califat de 'Omar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée).

Cheikh ibn 'Outheimin a dit : « Ce qui est apparent est que le qounout doit être pratiqué pour les malheurs qui ne proviennent pas d'Allah comme par exemple le fait que les musulmans soient touchés par un mal ou une oppression venant d'un ennemi etc. Par contre, jusqu'à présent, je n'ai pas connaissance que le qounout soit légiféré pour une cause venant d'Allah ». Al Qawl Al Moufid 'Ala Kitab Tawhid vol 1 p 301

 

Règle n°9 : Il n'est pas permis de prier deux fois la prière du vendredi dans une seule mosquée :

Les savants du Comité Permanent de la Fatwa du Royaume d'Arabie Saoudite ont dit : « Le fait de prier à deux reprises la prière du vendredi dans une seule mosquée n'est pas permis dans la législation islamique et nous ne connaissons aucune base à cet acte dans la religion d'Allah ». Majmou' Fatawa Al Lajna Daima vol 8 p 263

 

Règle n°10 : Il est formellement interdit aux gens qui sont malades ou qui suspectent qu'ils soient malades de prier en groupe à la mosquée ou de prier la prière du vendredi :

D'après 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père), le Prophète ﷺ a dit: « Il n'y a pas de préjudice volontaire ni de préjudice involontaire (*) ». Rapporté par Ibn Maja dans ses Sounan n°1910 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Ibn Maja

(*) Ce hadith est sous la forme de la négation mais son sens est une interdiction formelle de causer du tort à autrui où à soi même que cela soit fait de manière volontaire ou involontaire. Voir Charh Boulough Al Maram de Cheikh 'Otheimine vol 10 p 262

عن عبدالله بن عباس رضي الله عنهما قال النّبي صلّى الله عليه و سلّم : لا ضررَ ولا ضِرارَ
رواه ابن ماجه في سننه رقم ١٩١٠ و صححه الشيخ الألباني في تحقيق سنن ابن ماجه

 

Le Comité des Grands Savants du Royaume d'Arabie Saoudite a dit : « Il est interdit à une personne malade d'assister à la prière du vendredi et aux prières en commun car le Prophètea dit : - Une personne qui a des chameaux malades ne doit pas les abreuver en même temps que ceux d'une personne qui sont en bonne santé - (*)... ». Lien

(*) Ce hadith est rapporté par Mouslim dans son Sahih n°2221.

Cheikh Souleyman ar Rouhayli a dit : « Et la personne qui est touchée par la maladie ou qui serait peut-être touchée par la maladie, il lui est interdit d'assister à la prière du vendredi et aux prières en groupe à la mosquée ». Tweet du 13/03/20

 

Règle n°11 : La personne qui est malade et pour qui il est difficile de prier chaque prière dans son temps peut regrouper la prière du dohr avec la prière du 'asr et elle peut également regrouper la prière du maghreb avec la prière du 'icha :

C'est à dire que dans ce cas, le malade devra prier quatre unités de prière pour le dohr et quatre unités de prière pour le 'asr. Et il devra prier les deux prières regroupées entre le début du temps du dohr et la fin du temps du 'asr. Et il devra prier trois unités de prière pour le maghreb et quatre unités de prière pour le 'icha. Et il devra prier les deux prières regroupées entre le coucher du soleil et le milieu de la nuit.

D'après 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) : Le Prophète ﷺ a regroupé la prière du dohr avec la prière du 'asr et il a regroupé la prière du maghreb avec la prière du 'icha alors qu'il était à Médine et qu'il n'y avait pas de peur ni de pluie. Quelqu'un a dit à 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) : Que voulait-il montrer par cela ?Il a répondu : Il voulait montrer qu'il n'y a pas de gêne pour sa communauté. Rapporté par Mouslim dans son Sahih n°705

L'imam Nawawi (mort en 676H) a dit : « Malik et Ahmed ont été d'avis qu'il est permis de regrouper les prières s'il y a l'excuse de la maladie ou de la présence de boue.
Certains savants de l'école Chafi'ite ont également adopté cet avis.
C'est un avis très fort qui est montré par le hadith de 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père). Le hadith montre que le fait de regrouper est permis en cas de peur, en cas d'excuse équivalente à la peur ou en cas de pluie or le besoin de regrouper pour le malade est plus grand que le besoin de regrouper pour la personne touchée par la pluie ». Al Majmou' Charh Al Mouhadhab vol 3 p 263

L'imam Ibn Qoudama Al Maqdisi (mort en 620H) a dit : « La maladie qui permet à la personne de regrouper les prières est la maladie qui fait que la personne ressent de la difficulté et de la faiblesse si elle prie chaque prière dans son temps avec cette maladie ». Al Moughni vol 3 p 136

 

Règle n°12 : Il est permis de prier avec un masque pour se couvrir la bouche et le nez en cas de besoin :

D'après Abou Houreira (qu'Allah l'agrée) : Le Prophète ﷺ a interdit qu'un homme couvre sa bouche durant la prière. (*) Rapporté par Ibn Maja dans ses Sounan n°966 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Ibn Maja

(*) Certains savant ont dit que cet acte a été réprouvé car cela ressemble à ce que faisaient les madjous (les adorateurs du feu) durant leurs prières. Voir Neyl Al Awtar de l'imam Chawkani vol 3 p 332

عن أبي هريرة رضي الله عنه قال : نهَى رسولُ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عليهِ وسلَّمَ أن يغطِّيَ الرَّجلُ فاهُ في الصَّلاةِ
رواه ابن ماجه في سننه رقم ٩٦٦ و حسنه الشيخ الألباني في تحقيق سنن ابن ماجه

 

D'après Hicham, Qatada a dit à propos du fait qu'un homme couvre son nez durant la prière : 'Ikrima m'a rapporté que 'Abdallah Ibn 'Abbas (qu'Allah les agrée lui et son père) détestait le fait de couvrir le nez. Rapporté par Ibn Abi Chayba dans son Moussannaf n°7508 et authentifié par Cheikh Chathri dans sa correction du Moussannaf de Ibn Abi Chayba vol 5 p 64

عن هشام عن قتادة في الرّجل يغطي أنفه في الصلاة فقال : حدثني عكرمة أن عبدالله بن عباس رضي الله عنهما كره تغطية الأنف
رواه ابن أبي شيبة في المصنف رقم ٧٥٠٨ و صححه الشيخ الشثري في تحقيق مصنف ابن أبي شيبة ج ٥ ص ٦٤

D'après Hilal Ibn Yasaf : Ja'da Ibn Houbeyra (qu'Allah l'agrée) a vu un homme prier alors qu'il portait un casque et un turban avec lesquels il avait couvert son visage. Alors il a prit son casque et son turban et les a jeté derrière lui. Rapporté par Ibn Abi Chayba dans son Moussannaf n°2792 et authentifié par Cheikh Zakariya Ibn Ghoulam Al Bakistani dans son ouvrage Ma Saha Min Athar AS Sahaba Fil Fiqh p 296

عن هلال بن يساف عن جعدة بن هبيرة رضي الله عنه أنّه رأى رجلاً يصلّي وعليه مغفرة وعمامة قد غطى بهما وجهه فأخذ بمغفرته وعمامته فألقاهما من خلفه
رواه ابن أبي شيبة في المصنف رقم ٢٧٩٢ وحسنه الشيخ زكريا بن غلام الباكستاني في كتابه ما صح من آثار الصحابة في الفقه ص ٢٩٦

Les savants des quatre écoles juridiques ont été d'avis que ces textes sont à comprendre dans le sens où ces choses sont détestables et non interdites. Voir Al Banaya Charh Al Hidaya vol 2 p 533 ; Mawahib Al Jalil vol 2 p 186 ; Al Majmou' Charh Al Mouhadhab vol 3 p 184 ; Al Moughni vol 2 p 198

La règle énoncée par les savants est que lorsque une chose est simplement détestable, le fait de pratiquer cette chose en cas de besoin est permis sans aucun caractère détestable. Voir Majmou' Al Fatawa de Ibn Taymiya 25/267 et 21/312 ; Charh Al Manthouma Fil Qawaid Al Fiqhiya de Cheikh 'Otheimine p 79

Cheikh 'Abdel 'Aziz Ibn Baz a dit : « Il est détestable de se couvrir la bouche dans la prière sauf en cas de besoin ». Majmou' Al Fatawa vol 11 p 114

Remarque : Il n'y a également pas de problème à prier avec des gants surtout en cas de besoin. Ceci est l'avis de la majorité des savants. Voir Ahkam Al Libas Al Mouta'aliqa Bi Salat Wal Hajj p 473/474

D'après 'Alqama, Waail Ibn Houjr (qu'Allah l'agrée) a dit: « Je suis allé voir le Prophète ﷺ durant l'hiver et j'ai vu ses compagnons (qu'Allah les agrée tous) lever leurs mains durant la prière alors qu'elles étaient dans leurs vêtements ». Rapporté par Abou Daoud dans ses Sounan n°729 et authentifié par Cheikh Albani dans sa correction de Sounan Abi Daoud

عن علقمة قال وائل بن حجر رضي الله عنه : أتيت النّبي صلّى الله عليه وسلّم في الشتاء فرأيت أصحابه يرفعون أيديهم في ثيابهم في الصّلاة
رواه أبو داود في سننه رقم ٧٢٩ و صححه الشيخ الألباني في تحقيق سنن أبي داود

 

D'après Hicham, Al Hassan Al Basri (mort en 110H) a dit : « Les compagnons du Prophète (qu'Allah les agrée tous) avaient leurs mains dans leurs vêtement lorsqu'ils se prosternaient ». Rapporté par Ibn Abi Chayba dans son Moussannaf n°2764 et authentifié par Cheikh Albani dans Moukhtasar Sahih Al Boukhari n°109 ainsi que par Cheikh Chathri dans sa correction du Moussannaf de Ibn Abi Chayba vol 3 p 85

عن هشام قال الحسن البصري : كانَ أصحابُ رسولِ اللَّهِ صلَّى اللَّهُ عليهِ وسلَّمَ يسجدونَ وأيدَيهُم في ثيابِهِم
رواه ابن أبي شيبة في المصنف رقم ٢٧٦٤ وصححه الشيخ الألباني في مختصر صحيح البخاري رقم ١٠٩ وصححه أيضاً الشيخ الشثري في تحقيق مصنف ابن أبي شيبة ج ٣ ص ٨٥

Cheikh 'Abdel 'Aziz Ibn Baz a dit : « Il n'y a pas de mal à prier avec des gants. Si la personne porte des gants, c'est la même chose que si elle porte des chaussons. Il n'y a pas de mal dans cela ». Voir l'audio + voir également Fatawa Nour 'Ala Darb de Cheikh 'Otheimine vol 4 p 230

 

Règle n°13 : Il n'est pas légiféré de faire des prières surérogatoires ou des invocations tous au même moment ou de se rassembler pour invoquer afin qu'Allah lève ce malheur :

Il y a des appels sur les réseaux sociaux pour inciter les musulmans à prier tous au même moment des prières surérogatoires ou à faire tous au même moment des invocations ou encore à se rassembler dans un endroit pour invoquer Allah ensemble afin qu'Il lève cette épidémie. Tout cela n'est pas légiféré car le Prophète ﷺ a exposé dans de nombreux textes les règles du ta'oun mais il n'a pas encouragé à pratiquer ces choses-là.
De même qu'il y a également eu une épidémie de peste durant le califat de 'Omar Ibn Al Khattab (qu'Allah l'agrée) mais les compagnons du Prophète (qu'Allah les agrée tous) n'ont pas non plus pratiqué ces choses-là. Ainsi si ces choses étaient bénéfiques pour la communauté musulmane, le Prophète ﷺ les auraient exposé et ses compagnons (qu'Allah les agrée tous) les auraient pratiqué. Puisque cela n'a pas été le cas, nous avons donc la certitude que ces choses ne sont pas légiférées ni même bénéfiques.

L'imam Ibn Hajar (mort en 852H) a dit : « Le fait de se regrouper pour invoquer pour que l'épidémie soit levée, comme cela est pratiqué pour l'istisqa (*) est une innovation. Si cela avait été légiféré, cette chose n'aurait pas échappé aux premiers musulmans puis aux savants des différentes contrées et à ceux qui les ont suivis dans les siècles passés ». Badhl Al Ma'oun Fi Fadl At Ta'oun de l'imam Ibn Hajar p 328/330

(*) C'est à dire lorsque les gens se regroupent pour prier et invoquer Allah afin qu'il fasse descendre la pluie comme le montre les textes authentiques.

Cheikh Souleyman ar Rouhayli a dit : « Durant les périodes de crise et de troubles, les rumeurs se propagent et les innovations se multiplient. Vous devez prendre garde aux rumeurs et vous écarter des innovations. Il y a des gens qui appellent à prier deux unités de prière afin de repousser l'épidémie. Il y a des gens qui appellent à invoquer tous en même temps. Il y a des gens qui inventent des formules de protection et les propagent. Il y a des gens qui enregistrent des formules de protection d'une manière musicale et les propagent. Tout ceci fait partie des innovations qui ne permettent pas d'obtenir un quelconque bienfait et qui sont au contraire des choses mauvaises.Vous devez vous écartez de ces choses-là. ». Tweet du 16/03/2020

 

 

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