"Si seulement je n'avais pas pris un tel pour ami ..."



Le jour où l’injuste se mordra les deux mains et dira : “[Hélas pour moi ! ] Si seulement j’avais suivi chemin avec le Messager. Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n’avais pas pris “un tel” pour ami ! ... Il m’a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran], après qu’il me soit parvenu”. Et le Diable déserte l’homme (après l’avoir tenté). - 

وَيَوْمَ يَعَضُّ الظَّالِمُ عَلَىٰ يَدَيْهِ يَقُولُ يَا لَيْتَنِي اتَّخَذْتُ مَعَ الرَّسُولِ سَبِيلًا يَا وَيْلَتَىٰ لَيْتَنِي لَمْ أَتَّخِذْ فُلَانًا خَلِيلًا َقَدْ أَضَلَّنِي عَنِ الذِّكْرِ بَعْدَ إِذْ جَاءَنِي ۗ وَكَانَ الشَّيْطَانُ لِلْإِنْسَانِ خَذُولًا

Ibn Mardawayh, dans Ad'Dourr Al-Manthour (5/68), mais aussi Abou Nou'aym, dans Ad-Dalâïl, rapportent à travers une chaîne de narrateurs authentique, d'après Sa'îd Ibn Joubayr, ce récit d'Ibn 'Abbas رضي الله عنه : "Abou Mou'ît, qui était un homme bon, s'asseyait en compagnie du Messager d'Allah صلى الله عليه و سلم, à la Mecque, sans lui causer du tort, alors que le reste des hommes de Quraysh, lorsqu'ils prenaient place à ses côtés lui faisaient du mal. Or, Abou Mou'ît avait un ami intime qui se trouvait alors dans la région du Cham. Les gens de Quraysh disaient : "Abou Mou'ît a changé de religion."

La nuit où l'ami d'Abou Mou'ît revint du Cham, il interrogea son épouse : "Qu'en est-il du cas de Muhammad ?" - "Pire encore qu'avant" répondit-elle. L'homme poursuivit : "Et qu'en est-il de mon ami Abou Mou'ît ?" Elle répondit : "Il a changé de religion." L'homme passa une mauvaise nuit.

Le lendemain matin, Abou Mou'ît lui rendit visite et le salua, mais sans que son ami lui rende son salut. Abou Mou'ît lui demanda : "Qu'as-tu à ne pas me rendre le salut ?" L'homme répondit : "Et comment pourrais-je te rendre le salut alors que tu as changé de religion." Abou Mou'ît demanda : "Les gens de Quraysh ont-ils osé ?" - "Oui." Répondit-il. Abou Mou'ît lui demanda : "Que dois-je faire pour apaiser leurs coeurs." Son ami intime lui recommanda : "Tu t'approches de lui alors qu'il tient une assemblée, et tu lui craches au visage, en lui lançant les pires injures que tu connaisses." Abou Mou'ît suivit les conseils de son ami.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم se contenta d'essuyer son visage, avant de se tourner vers lui et de dire : "Si je te trouve au-delà des montagnes de la Mecque, je te trancherai le cou après t'avoir ligoté."

Le jour de la bataille de Badr, il refusa de suivre ses compagnons qui partaient au combat. Ces derniers lui dirent : "Viens combattre avec nous." Il répondit : "Cet homme a menacé, s'ils me trouve au-delà des montagnes de la Mecque, de me trancher le cou après m'avoir ligoté." Ils  lui proposèrent : "Nous te donnerons un chameau roux qu'ils ne réussira jamais à rattraper. Aussi, si nous subissons une défaite, tu t'enfuira à toute vitesse sur ce chameau." Abou Mou'ît prit donc la route avec eux. Mais, lorsque Allah provoqua la déroute des polythéistes, la chamelle d'Abou Mou'ît s'embourba, lui-même se retrouvant au sol. Le Messager d'Allah صلى الله عليه و سلم le fit donc prisonnier parmi soixante-dix hommes de Quraysh. Abou Mou'ît s'avança vers le Prophète صلى الله عليه و سلم et lui dit : "Vas-tu me tuer moi et épargner ceux-là ?" Il répondit : "Oui, pour m'avoir craché au visage." Au sujet d'Abou Mou'ît, Allah révéla alors ces versets.

Sourate 25 | Al Furqan - Le Discernement v27-29

📒 La révélation du Saint Coran - Cheikh Muqbil al Wadi'iy | p161-163