L'exercice physique



Quant a sa gestion du mouvement et du repos - qui désigne l'exercice physique - nous mentionnerons un chapitre qui montrera la conformité de sa voie en cela sous sa forme la plus parfaite, la plus louable et la plus juste. Nous disons donc :

Il est connu que le corps a besoin pour subsister de nourriture et de boisson. La nourriture ne se transforme pas totalement dans le corps, mais il en reste, après chaque digestion, quelques excédents, et s'ils s'accumulent à la longue, une quantité de ces excédents s'agglutine et nuit au corps en l'obstruant et l'aloudissant, ce qui aboutit à des maladies d'obstruction. Si on les extraient également des matières bonnes et utiles. Cela est également nuisible par leur réchauffement, putréfaction, refroidissement, ou la baisse de la chaleur naturelle du corps par leur consumation.

L'obstruction des excédents est nuisible, qu'on les laisse ou qu'on les extrait. Le mouvement est le moyen le plus important pour empêcher leur développement, car le mouvement réchauffe les organes et fluidifie les excédents, qui ainsi ne s'accumulent pas à la longue. Le mouvement habitue le corps à la vivacité et l'activité, il fait en sorte qu'il accepte la nourriture, il consolide les articulations et renforce les tendons et ligaments. Il protège contre toutes les maladies matérielles, ainsi que contre la plupart des maladies d'humeurs, à condition de le pratiquer avec modération et au moment adéquat, et que le reste de la gestion soit correct.

L'exercice physique doit être pratiqué après la descente de la nourriture et sa totale digestion. Les exercices modérés sont ceux qui rougissent l'épiderme, font croître et humidifient le corps. Quant à ceux qui font couler la sueur, ils sont excessifs. Chaque membre dont l'exercice physique augmente se renforce, notamment avec cette forme d'exercice. Plus encore, il en est ainsi de toute force : celui qui mémorise beaucoup, sa mémoire se renforcera, et celui qui réfléchit beaucoup, sa faculté de réflexion s'enrichira, et chaque membre à des exercices qui lui sont propres. Pour la poitrine, la lecture : en commençant en murmurant puis progressivement d'une voix de plus en plus haute. Pour l'ouïe, l'écoute des sons et voix, à encore graduellement, en passant du plus léger au plus fort. De même, la parole pour la langue, ou encore les exercices de la vue, et de la marche sont des exercices pour tout le corps qui dissipent les maladies chroniques telle que la lèpre, l'hydropisie et les coliques.

L'exercice des âmes consiste en l'apprentissage de la politesse, la joie, la gaïeté, la patience, l'endurance, le courage, le pardon, la pratique du bien, et d'autres choses semblables qui constituent un exercice pour les âmes. Parmi les plus grands exercices : la patience et l'amour, le courage et la bienfaisance, elles ne cessent de s'y exercer jusqu'à ce que ces qualités soient des attitudes ancrées et des facultés constantes.

Si tu médites sur la voie du Prophète (ﷺ) en cela, tu constateras qu'elle est la meilleure voie pour préserver la santé et les forces, et qu'elle est bénéfique en cette vie et dans l'au-delà.

Nul doute que la prière elle-même participe à préserver la santé du corps, dissoudre ses humeurs et excédents, et elle compte parmi les meilleures choses pour l'homme, en plus de ce qu'elle comprend de préservation de la santé et de la foi et de succès en ce bas monde et dans l'au-delà. De même, la prière de nuit compte parmi les meilleures moyens de préserver la santé, de protéger contre de nombreuses maladies chroniques, et d'activer le corps, l'âme et le coeur, comme cela est rapporté du Prophète (ﷺ) : "Lorsque l'un de vous dort, Satan noue trois noeuds sur sa nuque, et dit sur chacun d'eux : "Tu as une longue nuit, alors dors." S'il se réveille et mentionne le Allah, un noeud se dénoue, s'il fait ses ablutions, le deuxième noeud se dénoue, et s'il prie tous les noeuds se dénouent, et il sera en forme et de bonne humeur, sinon il se réveillera de mauvaise humeur et paresseux." ¹

Le jeûne légiféré compte parmi les moyens de préserver la santé, et d'exercer le corps et l'âme, ce que ne peut rejeter celui dont la nature est saine.

Quant au djihad et ce qu'il comprend comme mouvements globaux qui comptent parmi les plus grandes causes de forces, de préservation de la santé, de renforcement du coeur et du corps, de rejet de leurs excédents, de dissipation des angoisses, soucis et tristesses, cela est connu par celui qui y a participé. De même pour le pèlerinage, l'accomplissement des rites, les courses de chevaux, les duels à la lance, la marche pour répondre à ses besoins, ou vers les frères pour répondre à leurs besoins, visister les malades, participer à leurs convois funèbres, marcher vers les mosquées, les prières du vendredi, les prières en commun, les mouvements des ablutions et du lavage, et d'autres encore. C'est le minimum de ce que peut apporter [le djihad] qui aide à préserver la santé et rejeter les excédents. Quant à la raison pour laquelle il a été légiféré comme moyen de parvenir aux biens de ce bas monde et de l'au-delà, et repousser leurs maux, c'est une chose bien supérieure encore.

Tu sais désormais que sa voie est supérieure à toute autre voie dans la médecine des corps et des coeurs, la préservation de leur santé et le repoussement de leurs maladies. Pour l'homme de bon sens nul besoin d'en ajouter plus encore.
Et c'est Allah qui accorde le succès.

 


[1]  Al Bukhârî (1142) et Muslim (776)
Ibn al Qayyim رحمه الله ; L'authentique de la médecine prophétique p198/200 ; ed.Tawbah

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