Chap 1 : Le culte pur et la présence de l'intention dans toute oeuvre.


Allah le Très Haut dit :

« Il ne leur a été commandé cependant, que d'adorer Allâh, Lui vouant un culte exclusif, d'accomplir la salât et de s'acquitter de la zakât. Telle est la religion de la droiture ».
Coran 98 : 5

« Ni la chair ni le sang de ces animaux n'ont d'importance pour Allâh. Seule compte pour Lui votre piété ».
Coran 22 : 37

« Dis: "Que vous cachiez ce qui est dans votre poitrines ou que vous le divulguiez, Allâh le sait. Il connaît tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre. Et Il est Omnipotent ».
Coran 3 : 29

 

[ 1 ] Selon 'Umar Ibn Al Khattab, le commandeur des croyants, le Prophète (ﷺ) a dit : « La validité des actes dépend des intentions [qui les animent], et chaque homme n'a pour lui que ce qui est conforme à son intention. Celui qui émigre pour Allâh et Son Prophète, son émigration lui sera comptée comme étant pour Allâh et Son Prophète.
Quant à celui qui émigre pour un bien de ce monde ou pour épouser une femme, son émigration lui sera comptée comme telle
 ».
Rapporté par Boukhari et Muslim

 

[ 2 ] La mère des croyants, 'Aîsha, a dit : « Le Messager d'Allâh (ﷺ) a dit : « Une armée attaquera la Ka'ba. Lorqu'elle parviendra dans une région désertique, la terre l'engloutira, du premier au dernier ». 'Âïsha dit alors: « Ô Prophète d'Allâh ! Comment serait-elle engloutie alors que, parmi eux, il y aura des gens qui seront là uniquement pour commercer ou pour d'autres raisons ? ». 
Il dit :" Ils seront engloutis du premier au dernier et chacun sera ressuscité [et jugé] selon ses propres intentions
 ». 
Rapporté par Boukhari et Muslim

 

[ 3 ] 'Âïsha rapporte ces propos du Prophète (ﷺ) : « Il n’y a plus d'émigration après la conquête de la Mecque; cependant, la lutte et l'intention subsistent.
Donc, quand on vous appelle au combat, répondez-y 
». 
Rapporté par Boukhari et Muslim

 

[ 4 ] Jâbir ibn 'Abdallâh rapporte le récit suivant: Nous étions avec l'Envoyé d'Allâh (ﷺ) lors d'une expédition [de Tabûk] lorsqu'il dit : « Il y a des hommes qui sont restés à Médine, cependant il n'est pas un chemin parcouru ni une vallée traversée sans qu'ils soient avec vous. C'est la maladie qui les a retenus ». Rapporté par Muslim

* On trouve dans une version : [...] sans qu'ils soient associés à vous dans la récompense.

Boukhari rapporte un hadith semblable, selon Anas :" Nous étions avec les Prophète (ﷺ) de retour de Tabûk lorsqu'il dit : « Il y en a qui sont restés à Medine, néanmoins, il n'est pas un chemin de montagne, ni une vallée traversée sans qu'ils soient avec nous. Une raison valable les a retenus ».

 

[ 5 ] Abû Yazîd Ma'n ibn Yazîd ibn al-Akhnas a dit : « Mon père Yazîd avait pris quelques dinards pour en faire aumône.
Il les confia à un homme qui se trouvait à la mosquée.
Je les récupérai et me présentai à mon père. Il me dit alors : « Par Allâh ! Ce n'est pas à toi que je les destinais ».
Je lui proposai alors d'en débattre auprès du Prophète (ﷺ) qui s'exclama :" 'A toi la récompense de ta bonne intention, Yazîd ! Quant à toi, Ma'n il te revient ce que tu as pris
 ». 
Rapporté par Boukhari

 

[ 6 ] Sa'd ibn  Abî Waqqâs, l'un des dix Compagnons auxquels le Prophète (ﷺ) a promis le Paradis, a dit : « L'année du pèlerinage d'Adieu, j'étais gravement malade et l'Envoyé d'Allâh (ﷺ) me rendit visite. Je dis : « Envoyé d'Allâh, tu vois dans quel état physique je me trouve. Or, j'ai de l'argent et je n'ai qu'une fille pour héritier. Puis-je faire l'aumône des deux tiers de mes biens ? » - « Non, répondit-il ».  Je dis alors: " Et de la moitié?" Il me répondit à nouveau négativement. "Du tiers?" Il répondit alors: " Donne le tiers, et c'est déjà beaucoup. Il vaut mieux que tu laisses derrière toi des héritiers riches plutôt que de les laisser dans le besoin, tendant la main aux gens. Il n'est pas une dépense que tu fais en vue de plaire à Allâh sans que tu en sois rétribué, même pour la nourriture que tu places dans la bouche de ton épouse." Je lui demandai : « Envoyé d'Allâh, demeurai-je à la Mecque après le départ de mes compagnons ?" Il me répondit :" Si tu y restes en accomplissant de bonnes œuvres en vue de plaire à Allâh, tu télèvera d'un degrés. Il se peut que tu y restes, et que ta présence soit un bien pour certains et un mal pour d'autres. Seigneur ! Accomplis pour mes Compagnons leur exil t ne les fais pas revenir sur leurs pas ! Le malheureux est cependant Sa'd Ibn Khawla ».
Ce compagnon étant mort à la Mecque, le Prophète (ﷺ) compatit à son sort et implora la miséricorde d'Allâh pour lui
 ».
Rapporté par Boukhari

 

[ 7 ] Selon Abû Hurayra, le Prophète (ﷺ) a dit : « Allah ne regarde pas vos corps ni vos apparences, mais Il regarde vos coeurs et vos actions ».
Rapporté par Mouslim

 

[ 8 ] Selon Abû Mûsâ al-Ash-ari, on demanda à l'Envoyé d'Allâh (ﷺ) : « Lequel de ces hommes combat dans la voie d'Allâh : celui qui combat par bravoure, par esprit partisan, ou celui qui combat par ostentation ? ». Le Prophète (ﷺ) répondit : « Celui qui combat pour que la parole d'Allâh soit la plus haute combat dans la voie d'Allâh ». 
Rapporté par Boukhari

 

[ 9 ] Abû Bakra Nufay' ibn al-Harith ath-Thaqafî rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit : « Lorsque deux musulmans se combattent par le sabre, le tueur comme le tué iront en Enfer ». Je dis alors : « Ô Envoyé d'Allâh ! Il en est ainsi du tueur, mais comment le tué peut-il aller en Enfer ? ».  Il répondit : « Il aspirait à tué son compagnon ».  
Rapporté par Boukhari et Mouslim

 

[ 10 ] Selon Abû Hurayra, l'Envoyé d'Allâh (ﷺ) a dit : « La salât de l'homme en groupe est de vingt-trois à trente fois supérieur à la salât accomplie dans son marché ou chez soi.
Ceci parce que l'homme fait ses ablutions correctement puis s'en va à la mosquée ne visant que la prière, chaque pas franchi l'élève d'un degrés et lui efface un péché jusqu'à ce qu'il entre dans la mosquée. Il est considéré en état de prière dans la mosquée tant que c'est la prière qui le retient
». Les anges ne cessent de demander pardon pour lui en ces termes : « Seigneur ! fais-lui miséricorde ! Seigneur ! Pardonne-lui !  Seigneur ! Accepte son repentir ! Il en est ainsi tant qu'il n'y commet aucun tort et qu'il conserve ses ablutions ». 
Rapporté par Boukhari et Mouslim

 

[ 11 ] Selon 'Abdullâh ibn al-Abbâs ibn 'Abd al-Muttalib, le Messager d'Allâh (ﷺ) a dit : « Parmi ce qu'il a rapporté de son Seigneur : « Allâh a inscrit les bonnes et les mauvaises actions ».
Puis il expliqua cette parole en ces termes : « Quiconque à l'intention d'accomplir une bonne action et ne la fait pas se la verra comptée comme une bonne action à part entière.
S'il l'accomplit après avoir eu l'intention de la faire, Allâh multipliera cette bonne action en la comptant de dix sept sent fois plus ou encore d'avantage.
Quiconque pense à commettre un péché puis s'en abstient, Allâh lui comptera une bonne action à part entière.
S'il la commet après y avoir songé, Allâh la lui inscrira comme étant une seule mauvaise action
 ». 
Rapporté par Boukhari et Mouslim

 

[ 12 ] Selon 'Abdullâh ibn 'Umar, le Prophète (ﷺ) a dit : « Trois hommes, appartenant à l'une des communautés qui vous ont précédés, se mirent en route jusqu'à la tombée de la nuit, puis se réfugièrent dans une grotte. Un rocher tomba de la montagne et boucha l'entrée de la grotte. Ils se dirent alors : « Nous ne serons libérés de ce rocher que si nous invoquons Allâh en évoquant nos bonnes œuvres ». L'un d'eux dit : « Seigneur ! J'avais deux parents agés et jamais je ne donnais à boire le lait à quiconque avant eux, pas même à une personne de ma famille ou à l'un de mes serviteurs.Un jour, j'ai emmené paître mes animaux dans un endroit éloigné, si bien que mes parents se sont endormis. avant mon retour. J'ai trait leur part de lait mais je les trouvais endormis. Il m'a néanmoins répugné de les réveiller ou de donner leur lait à ma famille ou à mes serviteurs. J'ai donc patienté, tenant le bol dans ma main, attendant ainsi leur réveil jusqu'à l'aube, alors que mes enfants criaient de faim à mes pieds. Ils se réveillèrent enfin et burent leur part. Seigneur ! Si j'ai fais tout cela espérant Ta satisfaction, délivre-nous de l'affliction dans laquelle nous nous trouvons à cause de ce rocher ! ». Le rocher se déplaça un peu, mais pas assez pour qu'ils puissent sortir. Le second dit : « Seigneur ! J'avais une cousine qui m'étais plus chère que tout au monde ( dans une autre version : Je l'aimais aussi fort qu'un homme peut aimer une femme) . Je lui fit des propositions indécentes mais elle se refusa à moi. Une année de grande disette la contraignit à venir me voir. Je lui proposai alors 120 dinars à condition qu'elle acceptât de me voir en aparté; elle accepta. Mais au moment où je parvins à la contraindre (dans une autre version : lorsque je me posai entre ses jambes), elle me dit: "Crains Allâh ! et ne romps l'hymen que dans la légitimité (du mariage) !" Je me détournai d'elle bien qu'elle m'était la personne la plus chère en lui lassant l'or que je lui avais apporté. Seigneur ! Si j'ai fais cela espérant Ta satisfaction, délivre-nous de l'affliction dans laquelle nous nous trouvons !" Le rocher se déplaça encore un peu sans pourtant leur permettre de sortir. Le troisième dit :" Seigneur ! J'avais employé à mon service des gens auxquels j'avais donné leur salaire, à l'exception de l'un d'entre eux qui partit, en laissant ce qui lui revenait de droit. Je fis fructifier son bien, le transformant en grande fortune. Au bout d'un certain temps, il vint à moi et me dit: " Ô serviteur d'Allâh ! Donne-moi mon salaire !" Je lui dis :" Tout ce que tu vois devant toi comme chameaux , bovins, ovins, et esclaves représente ton salaire." Il dit alors :" Serviteur d'Allâh, te moques-tu de moi?" Je lui répondit :" Je ne me moque pas de toi." Il prit alors ses biens, les fit amener chez lui et n'en laissa rien. Seigneur ! Si j'ai fais tout cela recherchant Ta satisfaction, délivre-nous de l'affliction dans laquelle nous nous trouvons !" Le rocher se déplaça et il purent alors sortir librement ».  
Rapporté par Boukhari et Mouslim