Chap.153 | L'autorisation de pleurer un mort mais sans lui consacrer ni éloge funèbre ni lamentation

Les lamentations sont interdites, nous y consacrerons un chapitre dans le livre des interdits si Allah Le Très Haut le veut. Quant aux pleurs, les nombreuses traditions qui les interdisent, et selon lesquelles le mort est tourmenté à cause des pleurs de ses proches, ont été mal interprétées. L'interdiction s'applique en effet seulement aux pleurs qui ont été recommandés par le défunt lui-même avant sa mort, et à ceux accompagnés d'éloges funèbres ou de lamentations, comme le prouve de nombreuses traditions prophétiques à l'image de celles qui vont suivre :

| 925 | D'après Ibn 'Oumar رضي الله عنه, le Messager d'Allah (ﷺ), accompagné de 'Abdour-Rahmân ibn 'Awf, Sa'd ibn Abi Waqqâs et 'Abdoullah ibn Mas'oud رضي الله عنه, se rendit au chevet de Sa'd ibn 'Oubâda alors que ce dernier était malade. Le Messager d'Allah (ﷺ) se mit à pleurer. En le voyant, les gens présents pleurèrent à leur tour. Il (ﷺ) leur dit alors: "Écoutez attentivement! Allah ne punit pas pour les larmes des yeux ou le chagrin du cœur, mais soit Il punit, soit Il fait miséricorde à cause de cela (indiquant du doigt sa langue)". Bukhâri & Muslim

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| 926 | Selon Ousâma ibn Zayd رضي الله عنه, on présenta au Messager d'Allah (ﷺ) son petit-fils alors que l'enfant agonisait. Ses yeux débordèrent alors de larmes. Sa'd lui dit: "Qu'est-ce que cela, ô Messager d'Allah?" Il (ﷺ) répondit: "Elles proviennent de la miséricorde qu'Allah Le Très Haut a placée dans le cœur de Ses créatures, et Allah n'est miséricordieux qu'avec Ses créatures qui le sont elles-mêmes". Bukhâri & Muslim

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| 927 | Anas رضي الله عنه rapporte ceci: "Le Messager d'Allah (ﷺ) se rendit auprès de son fils Ibrahim qui était en train de rendre l'âme. Remarquant que les yeux du Messager d'Allah (ﷺ) débordaient de larmes, 'Abdour-Rahmân ibn 'Awf رضي الله عنه lui dit: "Même toi, ô Messager d'Allah (ﷺ) ?" Il (ﷺ) répondit: "Ô Ibn "Awf! Ce n'est rien d'autre que de la compassion", avant d'ajouter: "L’œil déborde de larmes et le cœur est empli de tristesse, mais nous ne disons que ce que notre Seigneur agrée. Nous sommes profondément affligé par ta perte, ô Ibrâhim". Bukhâri & Muslim en partie