Le mérite du souhoûr


La retranscription sert uniquement à faciliter les personnes qui ne peuvent charger la vidéo.

 

 

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

On dit « as-souhoûr » ou « as-sahoûr » : « as-sahoûr » est le repas que l'on consomme [en fin de nuit] ; « as-souhoûr » est l'action même de la personne qui consomme ce repas.

Le Prophète ﷺ a incité à consommer ce repas (as-sahoûr), par sa parole, et il l'a appuyé par son acte. Il dit ﷺ : « Consommez le repas de fin de nuit, puisqu'il y a [dans ce repas] une bénédiction. » Il ordonna et clarifia : il ordonna que nous consommions ce repas, et il clarifia qu'il y a une bénédiction en cela (dans as-sahoûr).

Parmi ses bénédictions :

- de se conformer à l'ordre du Prophète ﷺ, se conformer à l'ordre du Prophète ﷺ est entièrement bien, salaire et récompense.
- le fait d'aider à accomplir une adoration. Il aide la personne à jeûner ; s'il consomme ce repas (as-sahoûr), il lui suffit jusqu'au coucher du soleil, quoiqu'en période où il ne jeûne pas il mange au début, au milieu, à la fin de la journée et il boit beaucoup.
Allah met alors la bénédiction dans le sahoûr, qui lui suffit bien avant le lever de l'aube jusqu'au coucher du soleil.
- il dissocie entre le jeûne des musulmans et celui des non-musulmans ; c'est pourquoi le Prophète ﷺ montra que la distinction entre notre jeûne et celui des gens du Livre est le repas [situé en fin de nuit], c'est à dire, le souhoûr ; parce que les gens du Livre jeûnent depuis la moitié de la nuit. Ils mangent bien avant la moitié de la nuit. Ils ne mangent pas au moment du souhoûr (avant l'aube).
Quant aux musulmans - toute la louange revient à Allah - ils mangent au moment du souhoûr : en fin de nuit. La séparation entre les musulmans et les mécréants est un objectif religieux ; c'est pourquoi le Prophète ﷺ a interdit de leur ressembler en disant : « Démarquez-vous des mazdéens (majoûs), laissez la barbe s'allonger et taillez les moustaches ». C'est-à-dire ne couper pas [la barbe] ni ne la raser. Et il ﷺ dit : « Quiconque ressemble à un peuple en fait partie ».

Il convient de retarder le souhoûr jusqu'au moment qui précède l'aube ; non pas de l'avancer, car le Prophète ﷺ a dit : « Les gens ne cesseront d'être dans le bien tant qu'ils hâteront la rupture du jeûne (juste après le coucher du soleil), et qu'ils retarderont le souhoûr ». Et il ﷺ dit : « Certes, Bilâl prononce al-adhân alors qu'il fait encore nuit, mangez donc et buvez jusqu'à ce que Ibn Oum Maktoûm fasse al-adhân, qui ne l'annonce que lorsque l'aube se lève ».

Quant à la parole du rapporteur dans la version amenée par l'auteur : « Et il n'y avait entre eux que le moment pour que celui-ci descende et que celui-là monte (pour annoncer al-adhân) » ; ceci est un rajout étrange dans le hadith et c'est une addition qui n'est pas authentique, car l'ordre du Prophète ﷺ de continuer à manger et à boire jusqu'au adhân de Ibn Oum Maktoûm signifie qu'il y a  entre les deux un décalage consistant, qui suffit pour manger, boire et [établir] tout le souhoûr. C'est donc une phrase étrange sur laquelle on ne compte pas.

Zayd ibn Thâbit [qu'Allah l'agrée] montra, en mentionnant qu'il consomma le sahoûr avec le Prophète  ﷺ et qu'ils se levèrent pour la prière : il n'y avait entre ces deux moments que l'intervalle pour lire cinquante verset, ce qui prend dix minutes jusqu'à un quart d'heure, si la personne les récite lentement ou un peu moins.

Cela prouve que le Messager ﷺ retardait le souhoûr de façon extrême et il accomplissait la prière de l'aube sans plus tarder.

Il convient à la personne - lorsqu'elle prend le sahoûr - de se rappeler qu'elle le fait par obéissance à l'ordre d'Allah et de Son Messager, qu'elle l'effectue pour se différencier des gens du Livre, tout en détestant ce sur quoi ils étaient, qu'elle l'accomplisse en espérant la bénédiction par le biais de ce repas et en demandant qu'Allah l'aide par ce moyen, afin que ce repas qu'il mange soit un bien et une bénédiction pour [le jeûneur].

 

 

 

Cheikh ibn 'Outheymin
YouTube : mashaykhksa